Cuba: une révolution oubliée ?

Cuba: une révolution oubliée ?

L'ODYSSÉE, 28 October 2016

Le gouvernement cubain sur un chemin incertain, embarque le peuple avec lui. Pour sortir de la grave crise socio-économique il écoute les conseils d’économistes néo-libéraux préconisant une série de « nécessaires mises à niveau du modèle socialiste cubain ». Des jolis mots pour dire tout simplement l’élimination progressive des avantages sociaux de la Révolution.

Face à l’incapacité étatique de pourvoir la sécurité sociale de la retraite, l’âge de la retraite a augmenté jusqu’à 65 ans pour les hommes et 60 pour les femmes. La priorité est accordée aux grands investisseurs dans les marchés immobiliers et touristiques ; par exemple les anciens parcs ou espaces communs souvent aussi utilisés pour de la petite agriculture locale, se convertissent en terrains de golf luxueux loués à des entreprises étrangères. Il en va de même de la vente d’appartements à des capitaux extérieurs, alors que de nombreux cubains sont à la recherche de logement.

D’autre part l’autorisation de travailler à son propre compte depuis les années 90, une des alternatives à la crise de l’État centralisé, se révèle en réalité insuffisante pour pourvoir aux nécessités de base comme la nourriture, le transport et les vêtements. Mais face à plus d’un million de licenciements dans le secteur public, rapprochant Cuba de pays capitalistes sous le joug du FMI, quelle alternative ? Après 52 ans de révolution les cubains se retrouvent à la merci du chômage, et si la solution n’est ni dans les manuels d’économie ni dans les beaux discours de liberté des démocraties libérales, où se trouve-t-elle?

La seule solution possible pour entamer une actualisation du modèle socialiste cubain serait peut-être tout simplement de confier aux citoyens cubains le monopole des décisions politiques qui les concernent, aussi bien aux échelles de proximité que nationale. Qui de mieux que le peuple cubain pour participer et enrichir les débats publics, pour apporter des idées sur la façon de résoudre les problèmes de leur société? C’est un peu l’emblème de la démocratie, le pouvoir du peuple pour le peuple et par le peuple, c’est un peu l’idéologie socle du marxisme, prônant la libération des masses sur la classe des élites. Dans une démocratie socialiste, rien ne devrait être dissimulé : pas de mensonges bureaucratiques, de double-discours de la part des dirigeants et un peuple prêt à débattre sa propre réalité sans tabous, sans freins venant de la classe représentante, un peuple dirigeant son avenir.

Pourtant les travailleurs cubains ne discutent pas des plans de production de leurs entreprises, comme c’est le cas en Allemagne par exemple, ils n’ont pas non plus leur mot à dire sur les dynamiques organisationnelles de leur société et les schémas d’exploitation des ressources matérielles. Aujourd’hui face aux difficultés de vie auxquelles se heurte le peuple cubain, peuple éduqué et en éveil, ne pouvant plus voiler la nécessité imminente d’un renouveau, les cubains détiennent la possibilité de construire dans leur pays une expérience sociale différente de celles du reste de la planète.

>On part sur de mauvaises bonnes bases. Non, sur des bonnes mauvaises bases. Bref, les voici: d’un côté la majorité des Cubains se considèrent heureux, solidaires, éduqués et en bonne santé, mais de l’autre ils sont nombreux à avoir des rancœurs, de l’incompréhension, révoltés quant à la situation économique et politique de leur pays, décentralisé après la chute de l’URSS, sans pour autant que le peuple puisse profiter de beaucoup plus de liberté qu’auparavant (seul le dollar a pu entrer et sortir de l’île à nouveau, les gens eux sont toujours contrôlés). Les premières écoles privées apparaissent, comme le lycée français de La Havane, fréquenté par des fils de diplomates ou d’ambassadeurs, ainsi qu’un début d’agriculture de revente, souvent sur le marché noir, au dépend des anciennes conquêtes en matière d’agro-écologie. Des initiatives citoyennes surgissent alors pour souder plus la société civile, comme la suppression de la délation des anti-Castro, désormais mieux acceptés et respectés.

Le gouvernement cubain centralise alors tout à nouveau, réformant le code pénal en vue d’une augmentation des forces de répression. Et si le système public demeure de haut niveau en matière de santé, d’éducation et de culture, divers secteurs sont fragilisés. On se demande alors : que pourrait donc devenir Cuba ?

Une société capitaliste du tiers-monde latino-américain aux libertés civiles calquées selon le modèle made in usa de la propriété privée et du capital ?

Une société « socialiste » autoritaire protectrice de ses principes fondateurs au détriment d’un projet économico-politico-social permettant de sortir de la misère ?

Une social-démocratie progressiste défenseuse des droits de l’homme, des libertés civiles et de la propriété privée, sans influence sur le secteur public d’éducation et de santé ?

Peut-être l’option la plus belle serait un socialisme libertaire et participatif avec en tête une société civile autogestionnaire dans les secteurs de l’économie, l’agriculture, l’industrie et les services impliquant la fin du monopole étatique.

Certains projets de jeunes, autogérés et indépendants de financement institutionnel ou gouvernemental, agissent pour impacter positivement la société cubaine. On peut citer les groupes écologistes « Garde-forestier », la « Salvadera » ou le « Trencito » ou divers groupes de recherche de nouvelles formes d’éducation solidaire, créatives et horizontale. Ces groupes luttent pour survivre contre la répression psychologique et sociale du gouvernement cubain, qui tente d’étouffer leurs actions par des tactiques de harcèlement moral des militants et même des simples intéressés, ainsi qu’en les licenciant. La majorité du peuple cubain enclavé dans l’île manque d’information sur l’autogestion à partir des nouvelles technologies et des ressources renouvelables. Probablement se perçoivent-t-ils comme confrontés à deux choix antagonistes : la protection étouffante de l’État ou la dure loi du marché.

Le projet étudiant « Change Makers Tour » vise à donner plus de visibilité aux initiatives d’entreprenariat sociales indépendantes cubaines. Nous sommes trois étudiantes d’Australie de France et du Brésil, prêtes à débarquer à Cuba en décembre pour interviewer les acteurs de ce nouveau tournant de société dans l’histoire de Cuba, leur donner l’opportunité de s’exprimer sur les challenges de leurs pays dans les domaines de l’éducation et de l’agro-écologie et de présenter leurs projets et leurs idées.

Helena Magnan Coelho

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Cuba: une révolution oubliée ?

¿Qué podemos aprender de Cuba sobre innovación social? ¡Un documental busca levantar el velo!

MAKE SENSE STORIES, 08 November, 2016

¿Qué es lo primero que te viene a la mente cuando piensas en Cuba? Puede ser la idea de isla paradisiaca: arena blanca, mar turquesa, palmeras, acantilados y cascadas. Otros podrán pensar: “es una dictadura comunista, un régimen autoritario en el que las personas están privadas de sus libertades”. Es difícil catalogar con precisión a Cuba pues su atmósfera es, en realidad, indescriptible; el país caribeño tiene un alma que no puede transmitirse. Es una paradoja entre un régimen dictatorial con una pobreza impactante y, al mismo tiempo, ha visto avances sociales notables en los campos de la educación, la cultura, la salud y la agricultura.

“Lo importante no es convencer, sino dejar pensar”, Bernard Weber

Durante los últimos 5 años, Cuba se ha transformado gracias a un plan de modernización de la economía que permite, bajo ciertas condiciones, el desarrollo de profesiones independientes y de cooperativas. Esta transformación gradual, mucho más sutil que la de otros países socialistas que se han volcado a la economía de mercado, es muy significativa.

Cuba siempre se las arregló solo, especialmente después de la caída de la Unión Soviética cuando no hubo más ayuda financiera y material. Cuba tuvo que aprender a sobrevivir y reinventarse. Y esta supervivencia se debe a múltiples iniciativas, entre ellas, que en el país tuvieron la capacidad de establecer un sistema agrícola amigable con el medio ambiente, al punto en que hoy Cuba es el único país en el mundo que ha alcanzado el desarrollo sustentable en esta área. En materia de educación, Cuba es también muy interesante. Según un informe de la UNESCO de 2009 Cuba es, por mucho, el país que lidera América Latina en cuanto a la calidad educativa que ofrece a toda su población.

¡The Change Makers Tour te necesita!

Para hacer de este documental una realidad, hemos lanzado una campaña de crowdfunding para financiar el equipo que vamos a utilizar, así como para apoyar a los proyectos que vamos a entrevistar. ¡Cualquier contribución es bienvenida!

Y tenemos un reto adicional con el que nos puedes ayudar a quienes fundamos este proyecto: ¡difundirlo! Amigos de Europa y América Latina, comunicadores, estrategas, ¡ayúdanos a establecer una estrategia dual de comunicación! Este proyecto es colaborativo, y queremos que lo hagas tuyo. ¡Tus comentarios e ideas son muy importantes!

Flora Vidal Marron

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Le Change Makers Tour in Cuba

Le Change Makers Tour in Cuba : un projet porté par une étudiante de l’ialeyon

IAELYON SCHOOL OF MANAGEMENT, 05 October, 2016

L’association étudiante ENACTUS Lyon, créée il y a à peine plus d’un an ne cesse de faire fleurir de beaux projets depuis sa création. Et c’est de nouveau le cas cette année grâce à une initiative de Flora Vidal, co-fondatrice d’ENACTUS Lyon et étudiante en Master 2 Entrepreneuriat et Management de Projets.

Que ce soit le Projet Caméléon ou le Tissu Solidaire, Enactus IAE Lyon est fermement engagé dans des projets d’entreprenariat social et responsable. Les étudiants membres de cette association sont de véritables porteurs des valeurs de l’iaelyon.

Flora a su, tout au long de son parcours, coupler sa passion pour les voyages et son envie de comprendre et faire bouger les choses. Aujourd’hui, Flora finit son second semestre au Mexique. Entre temps, elle a rencontré Piotr, Gabrielle et Héléna sur son chemin, à qui elle a parlé de son projet de réaliser un documentaire sur les acteurs du changement cubains qui agissent sur un nouveau modèle de société : le Change Makers Tour in Cuba.

Cuba est l’un des derniers régimes socialistes au monde, aller à Cuba c’est déjà accepter le principe qu’une autre organisation politique et sociale puisse exister.

En pleine mutation, le pays a mis en place un plan d’actualisation de l’économie autorisant sous certaines conditions les professions indépendantes et les coopératives. L’île a également su développer une agriculture raisonnée basée sur l’agro-écologie et est de loin en Amérique latine le pays offrant la meilleure éducation à l’ensemble de sa population d’après un rapport de l’UNESCO de 2009.

Flora s’appuie donc sur ces constatations pour la trame de son documentaire vidéo, qui suivra les acteurs du changement cubains qui agissent sur un nouvel modèle de société. Le but étant de sensibiliser le plus de personnes et de mettre en lumière ces acteurs afin de réfléchir sur leurs actions et aussi de les aider.

Le tournage sera réalisé entre le 3 et le 22 décembre 2016 et Flora et son équipe ont encore besoin d’un peu d’aide pour financer leur projet. Une campagne de crowfounding a été lancée afin de financer le matériel nécessaire. Une partie servira également au support financier des projets présentés dans le documentaire (fermes, coopératives, écoles, associations).

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